Jardins potagers en façade

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Les jardins potagers en façade sont un moyen de plus en plus populaire d’utiliser l’espace urbain. Cette feuille d’information présente les avantages d’un jardin potager en façade, les règles qui régissent ce type de potagers à Ottawa et les choses à éviter ou les précautions à prendre quand on décide de cultiver des plantes comestibles en façade.

Avantages d’un potager en façade :

  • L’espace est utilisé de manière productive pour cultiver des aliments – légumes, fruits et fines herbes. L’eau sert à arroser des cultures comestibles plutôt qu’un gazon.
  • C’est un moyen très sûr et sain de cultiver des aliments nutritifs sans utiliser pesticides, herbicides ou engrais chimiques.
  • Souvent plus ensoleillée que la cour arrière, la cour avant offre de meilleures conditions de culture.
  • Le potager accroît la biodiversité et attire les pollinisateurs.
  • Cela permet de faire l’expérience de divers aliments qu’on trouve rarement au supermarché.
  • C’est un moyen d’enseigner aux enfants à faire pousser ce qu’ils mangent.
  • C’est un bon moyen d’engager la conversation entre voisins ou avec les passants.
  • Les potagers peuvent être une source de fierté pour le quartier s’ils attirent les gens et que le voisinage les trouve agréables à regarder.
  • Si une partie de la récolte est offerte aux gens dans le besoin dans des points de distribution d’aide alimentaire, cela peut servir à améliorer la sécurité alimentaire du quartier.

Réglementation relative à la culture d’un potager en façade :

  • Si vous songez à cultiver un potager en façade d’un terrain loué, il faut obtenir la permission écrite du propriétaire.
  • Aucun règlement n’interdit expressément la culture d’un potager en façade.
  • Le règlement 2005-207 des normes de bien-fonds porte sur les cours résidentielles et autorise la culture de végétaux – y compris les plantes comestibles – en façade à condition que cela ne porte pas atteinte à la circulation des piétons ou des véhicules, n’obstrue pas la vue et ne mette pas en danger la sécurité du public. Par exemple, il serait contraire au règlement de cultiver des concombres qui empiètent sur le trottoir ou du maïs qui empêche le voisin de voir la circulation automobile depuis son entrée.
  • L’emprise routière est le terrain situé entre la limite de propriété et la rue. Cette portion appartient à la Ville. La cour avant se situe dans la portion entre l’habitation et la limite de propriété. La limite de propriété est indiquée sur le plan d’arpentage. Si vous n’avez pas le plan d’arpentage, vous pouvez téléphoner au bureau d’enregistrement des titres de propriété, une instance provinciale, au 613-239-1230.
  • L’emprise routière varie selon la rue et le zonage du quartier. Elle est habituellement de 4 à 6 mètres. Si vous connaissez la limite de votre propriété, vous pouvez mesurer depuis ce point jusqu’à la rue pour établir la largeur de l’emprise routière. Même si c’est la propriété de la Ville, rien n’empêche d’y cultiver des végétaux comestibles. Vous le faites toutefois à vos risques, car la Ville conserve le droit d’utiliser ce terrain pour accéder aux services publics habituellement enfouis sous terre – égouts et câbles. Il n’y a pas de processus officiel d’autorisation de cette activité, mais elle n’est pas expressément interdite.
  • Il est interdit d’ériger une structure permanente – platebande surélevée ou remise à outils – dans la zone de l’emprise routière.
  • Le jardinage en façade ne doit pas compromettre les droits de servitude d’un voisin ou d’un service public. Il est également important de consulter le plan d’arpentage pour vérifier l’existence éventuelle de droits de servitude des voisins ou des services publics sur le terrain où vous voulez cultiver un potager. La servitude est le droit d’un voisin ou d’un service public de passer sur le terrain en question. Cela peut limiter vos possibilités de jardinage et votre potager peut compromettre ces droits de servitude.
  • Les règlements de zonage exigent que toutes les cours soient aménagées avec des végétaux, ce qui inclut les plantes comestibles, à l’extérieur des zones aménagées avec des matériaux inertes (entrée de cour, passage, pavage, roches). Pour en savoir plus sur le règlement, consulter le site web de la Ville d’Ottawa.

Conseils et précautions :

  • Avant de creuser où que ce soit dans la cour, il faut repérer toute éventuelle infrastructure enfouie sous terre. C’est un service offert gratuitement par Ontario One (1-800-400-2255).
  • Il peut y avoir du vandalisme, même si le problème a été cité par seulement une minorité de jardiniers de façade interrogés en vue de ce texte. Il peut être utile de mettre une affiche invitant les gens dans le besoin à se servir dans une section particulière du potager.
  • Quelques jardiniers ont dit que leur principal problème est d’empêcher les chats d’uriner ou de déféquer dans leur potager. Les chiens qui passent devant peuvent aussi avoir envie d’uriner sur les plantes comestibles. Un jardinier suggère d’entourer le potager d’une clôture en grillage à poule. Cela lui a permis d’empêcher la plupart des chats du voisinage d’utiliser son potager comme litière.
  • En ce qui a trait à l’emprise routière, sachez que la Ville peut épandre du sel sur ce terrain en hiver, ce qui en ferait un site moins propice à la culture potagère. Il est donc prudent de garder une zone tampon entre votre potager et la portion de l’emprise qui longe le trottoir ou la rue.
  • La Ville d’Ottawa autorise la culture d’un potager en façade. Même si des voisins peuvent se plaindre de l’aspect esthétique du potager, parfois même auprès des responsables de l’application du règlement, le soutien accordé à cette activité surpasse de beaucoup l’opposition d’une minorité de personnes habituées à voir un gazon bien tondu devant chaque maison.
  • Les voisins peuvent avoir des motifs d’inquiétude légitimes et il faut y réagir de façon adéquate. Ainsi, un voisin s’est plaint que le drainage du potager de la maison d’à côté risquait de causer des problèmes sur son terrain. Le jardinier a embauché un ingénieur pour vérifier le tout, ce qui a permis d’assurer à son voisin et à la Ville que le drainage n’avait aucun impact négatif sur le terrain voisin.

Sécurité :

  • Faites analyser le sol pour vérifier la présence éventuelle de contaminants sur la portion du terrain où vous songez à établir un potager.
  • Avant tout creusage, vérifiez auprès d’Ontario One pour vous assurer de ne pas endommager des infrastructures enfouies sous terre (voir la section Conseils).
  • Veillez à ce que tous les intrants – terre, compost et tout type d’amendement du sol – soient exempts de contaminants avant de les utiliser dans votre potager.
  • Il est important de toujours laver le produit puisqu’il peut contenir des résidus de poussière ou de saleté provenant de la rue et du trottoir.

Jardins communautaires en façade :

  • Un jardin communautaire peut être aussi simple que la réunion de trois ou quatre familles pour cultiver les légumes destinés au ménage. On peut aussi prévoir une section pour la banque alimentaire ou une section communautaire, comme cela se fait dans d’autres jardins communautaires.
  • Un jardin communautaire de ce genre peut être établi dans la cour avant de quelqu’un, mais il doit respecter les règlements généraux qui régissent les jardins communautaires.
  • Le jardin communautaire doit donc être un projet entre voisins, puisque la circulation extérieure n’est pas autorisée. Les jardiniers doivent se rendre au jardin à pied plutôt que dans un véhicule.
  • Les jardins communautaires sont aussi soumis aux autres règlements pertinents, sur le bruit ou les animaux de compagnie, par exemple. Il faut préserver le plus possible l’intimité et le bien-être du voisinage.
  • Prenez le temps d’expliquer l’importance de votre jardin communautaire à tous les voisins ayant des doutes ou des inquiétudes. Tâchez d’obtenir leur appui pour garder de bons liens de voisinage.
  • Le Fonds de développement des jardins communautaires n’accordera aucune subvention à un jardin communautaire situé sur un terrain privé où réside le propriétaire. Le Fonds peut toutefois verser des fonds à un jardin communautaire situé sur un terrain résidentiel où n’habite pas le propriétaire – et où le terrain est donc loué au groupe de jardinage.
  • En consultation avec les jardiniers, le propriétaire doit établir des règles claires en ce qui a trait au jardin communautaire.